L’infertilité, un sujet encore trop discret

Infertilité

Le saviez-vous ? 1 couple sur 6 connaît des problèmes de fertilité. En effet, concevoir un enfant ne se fait pas toujours en un claquement de doigt. Certaines personnes doivent parfois attendre plusieurs mois ou années avant de pouvoir construire leur famille.

Qu’est-ce que l’infertilité ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit l’infertilité par “l’absence de grossesse après plus de 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception”. Attention à ne pas confondre infertilité et stérilité. La stérilité marque l’incapacité d’un individu ou d’un couple de concevoir naturellement un enfant. L’infertilité, elle, n’est pas irréversible, contrairement à la stérilité. 

Il existe 2 types d’infertilité : l’infertilité primaire (pour les couples qui n’ont jamais eu d’enfants) et l’infertilité secondaire (quand la femme a déjà eu un enfant et qu’elle se trouve ensuite dans l’incapacité de concevoir à nouveau). 

Quelles sont les causes de l’infertilité ? 

Chez la femme :

1. L’âge : ce n’est pas un secret, plus les femmes avancent dans leur âge, moins elles sont fertiles. Le moment idéal pour concevoir un enfant se situe entre 25 et 35 ans. Au-delà, la fertilité diminue et les risques de complications pendant la grossesse augmentent.

2. Les troubles ovariens : les causes les plus fréquentes d’infertilité féminine sont liées à des troubles d’ovulations (dysovulation) ou à l’absence d’ovulation (anovulation). Cela peut être dû à :

  • un Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK) : c’est le plus courant chez les femmes. Il est caractérisé par un dérèglement hormonal et une augmentation inhabituelle d’androgènes (hormones mâles) dans les ovaires. La conséquence est une altération de la croissance des follicules ovariens et une perturbation de la production d’ovules.
  • une insuffisance ovarienne précoce : cette maladie est caractérisée par un fonctionnement anormal des ovaires, qui peut malheureusement mener à une diminution de la fertilité, voire à de l’infertilité. Aussi appelée “ménopause précoce”, ce terme est pourtant à éviter, car contrairement à la ménopause physiologique (qui survient en général vers 51 ans), l’insuffisance ovarienne précoce n’est pas définitive. 

3. L’endométriose : encore trop méconnue, cette maladie chronique touche 1 femme sur 10 en âge de procréer. Règles douloureuses, douleurs pelviennes, difficultés pour uriner, fatigue chronique,… les symptômes sont nombreux et peuvent être très invalidants. Dans 30 à 40% des cas, les femmes peuvent également présenter des problèmes d’infertilité.

4. Les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) : certaines IST, comme la Chlamydia, peuvent entraîner des problèmes de fertilité chez la femme si elle n’est pas traitée suffisamment tôt. En effet, le risque est de provoquer une infection de la paroi utérine (ou endométrite), et donc d’empêcher que l’embryon s’implante correctement.

5. La sténose tubaire bilatérale : elle se caractérise par le blocage du passage des spermatozoïdes par les trompes de Fallope vers l’ovule, rendant ainsi la conception difficile.

Chez l’homme

1. L’insuffisance testiculaire : cause d’infertilité la plus fréquente chez l’homme, elle est caractérisée par des perturbations de la spermatogenèse (processus de formation des spermatozoïdes). On parle alors d’anomalies spermatiques, telles que :

  • l’azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme.
  • l’oligospermie : un nombre insuffisant de spermatozoïdes.
  • la tératospermie : trop de spermatozoïdes présentent des anomalies morphologiques. 
  • l’asthénozoospermie : mobilité réduite des spermatozoïdes. 
  • la nécrozoospermie : pourcentage élevé de spermatozoïdes morts.

2. Des problèmes au niveau des organes génitaux, tels que :

  • La cryptorchide, autrement appelée “testicule non-descendu”. Elle est due à un défaut de migration du testicule de l’abdomen vers les bourses pendant la vie fœtale. Cette pathologie est à traiter précocement afin de minimiser son impact sur la fertilité et la santé.
  • La varicocèle : touchant 15% des hommes, elle se caractérise par une dilatation d’une veine (varice) au niveau du cordon spermatique. Plus elle grossit, plus elle peut constituer une gêne dans le développement et le fonctionnement du testicule. 

3. Des problèmes hormonaux : une insuffisance de testostérone, des troubles hormonaux (diabète, hypothyroïdie, etc.), des troubles chromosomiques (comme le syndrome de Klinefelter, caractérisé par la présence d’un chromosome X supplémentaire),… peuvent avoir des conséquences sur la fertilité.

Si les causes d’infertilité diffèrent que vous soyez un homme ou une femme, il existe pourtant des causes communes

  • Le poids : chez la femme, un poids trop faible ou trop élevé peut mener à des troubles ou des anomalies au niveau de son ovulation et de son cycle menstruel. Chez l’homme, le surpoids peut également avoir des répercussions néfastes sur les spermatozoïdes. 
  • Sans surprises, l’alcool et le tabac affecteraient également la fertilité, autant féminine que masculine. 
  • L’exposition aux polluants, à des pesticides, à des métaux lourds et à certains composés industriels aurait également un impact néfaste sur la fertilité. 
  • Certains traitements, comme la chimiothérapie, peuvent aussi entraîner de l’infertilité. 

Comment optimiser ses chances de concevoir un enfant ?   

Pour rappel, toute grossesse débute par une rencontre : celle d’une ovule et d’un spermatozoïde. Sur les millions de spermatozoïdes expulsés lors de l’éjaculation, seule une centaine parviendra à atteindre l’ovule et un seul d’entre eux traversera l’enveloppe de cette dernière : c’est la fécondation. 

Afin d’augmenter vos chances de concevoir un enfant, voici quelques conseils :

1. Connaître votre date d’ovulation : sachez que c’est au moment de l’ovulation que les chances de tomber enceinte sont les plus grandes. Notez qu’elle se situe généralement vers le 14ème jour après le début des règles.  

2. L’âge est un facteur à ne pas négliger pour optimiser ses chances de concevoir. Comme évoqué ci-dessus, les chances sont plus élevées chez les femmes âgées entre 25 et 35 ans. La probabilité de tomber enceinte est divisée par 2 à l’âge de 35 ans et par 4 à 42 ans.

3. Augmenter la fréquence des rapports : sachez que la durée de vie des spermatozoïdes est d’environ 72 heures. Pour augmenter vos chances d’avoir un bébé, mieux vaut donc éviter de rester plus de 3 jours sans avoir de rapport sexuel.

 4. En cas de difficultés à concevoir, il existe des techniques d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) pour les couples diagnostiqués infertiles et vivants ensemble depuis au moins 2 ans. Les différents traitements possibles sont les suivants :

  • la stimulation de l’ovulation est une technique réservée aux troubles de l’ovulation et permet de la déclencher. 
  • l’insémination intra-utérine consiste à déposer le sperme directement dans l’utérus de la femme au moment de l’ovulation. 
  • la fécondation in vitro (FIV) consiste à féconder un ovule avec un spermatozoïde en dehors de l’utérus, dans un laboratoire.
  • l’insémination intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), c’est comme la FIV, sauf que la fécondation est modifiée. Les spermatozoïdes sont sélectionnés (forme normal et bonne mobilité). Cela permet de mieux contrôler la fécondation et d’améliorer les résultats. 
  • le don de gamètes et d’embryon : si l’infertilité est masculine, le don de sperme permet de réaliser une FIV ou une ICSI. Si la stérilité est masculine, un don d’ovocytes permet de réaliser une FIV ou une ICSI. Si l’homme et la femme sont stériles, il est impossible de faire des dons de gamète

Conclusion

Si vous désirez avoir des enfants, mais que vous rencontrez des difficultés, n’hésitez pas à en parler autour de vous et à consulter des professionnels de santé qui pourront vous orienter et vous conseiller au mieux par rapport à votre situation. 

Vous pouvez également vous renseigner et vous faire aider auprès d’associations qui se battent pour sensibiliser sur ce sujet parfois tabou et délicat qu’est la fertilité. Par exemple, l’association BAMP  (B pour Blog et AMP pour Assistance médicale à la procréation) a été créée dans le but de faire évoluer l’AMP en France et de faire entendre les voix de l’infertilité au-delà du cercle des “infertiles”. 

Cette association a également lancé (en novembre dernier) une campagne appelée “Protège Ta Fertilité”, qui a pour but d’informer les jeunes de 18 à 24 ans sur les principaux facteurs de risques des troubles de la fertilité. 

L’infertilité, un sujet encore trop discret

Sources:

  1. http://bit.ly/2T1PV8E
  2. http://bit.ly/2wb97aI
  3. http://bit.ly/2Vr6j3R
  4. http://bit.ly/32wa2P7
  5. http://bit.ly/384Tkro