Le concombre blanchi, le soja doit se mettre au vert

Cette bactérie est-elle vraiment dangereuse ?

La plupart des bactéries E. coli sont inoffensives mais il existe un groupe capable de sécréter des toxines, de type Shigella ou vérotoxines, qui peuvent léser les cellules sanguines et les reins.Ces bactéries entraînent des diarrhées banales ou sanglantes avec des douleurs abdominales. Elles peuvent conduire également à un syndrome potentiellement mortel que l’on appelle le syndrome hémolytique et urémique (SHU).

Ce syndrome se manifeste par une atteinte rénale, une anémie hémolytique (destruction des globules rouges) et d’une thrombopénie (baisse des plaquettes). Au niveau clinique, les patients vont présenter des urines foncées en plus des diarrhées. La principale complication est l’insuffisance rénale aiguë qui peut conduire à une greffe rénale ou à des dialyses à vie.

Comment risque-t-on d’être contaminé ?

Il faut savoir que le réservoir de la bactérie E. coli est le tube digestif des ruminants. Les bactéries sont éliminées par les excréments et sont ainsi libérées dans l’environnement. La contamination à l’homme peut donc se faire :

  • soit par contact direct avec des animaux contaminés ou avec leurs excréments
  • soit par ingestion d’aliments contaminés ou souillés : viandes mal cuites, salades, légumes
  • soit par contact avec une personne contaminées : due à une mauvaise hygiène des mains par exemple.

Qui doit-on incriminer ?

Suite à l’apparition de nombreux cas de contamination par E. coli, la course a été lancée pour découvrir le vecteur de transmission de la bactérie. Les soupçons se sont très vite portés sur les végétaux et notamment sur des concombres bios importés d’Espagne. Les autorités sanitaires allemandes ont donc fortement déconseillé la consommation de ces concombres ainsi que de salades et de tomates, par mesure de prévention.

Par la suite, les résultats des tests ont éloignés cette piste et les soupçons se sont dirigés vers des germes de soja (appellation donnée à des pousses de haricots Mungo), issues d’une entreprise de Basse-Saxe en Allemagne. Ces germes de soja hébergeraient donc la bactérie E. coli tant redoutée. Aujourd’hui la recommandation de ne pas consommer de concombres, salades et tomates a été levée en Allemagne mais est maintenue sur les pousses de soja.pousse soja

Recommandations à l’attention des consommateurs et des patients :

Ce qu’il faut faire pour éviter la contamination :

  • les mesures d’hygiène des mains mais également des ustensiles de cuisine ainsi que des plans de travail doivent être effectuées avant de manipuler des aliments.
  • Les fruits et légumes doivent être lavés avec minutie et pelés si nécessaire.
  • La cuisson à cœur des aliments permet de détruire les bactéries pathogènes.
  • Pour les personnes atteintes de diarrhées, l’hygiène des mains est primordiale afin de limiter la contamination de l’entourage.

En cas de suspicion de contamination et devant toute diarrhée sanglante , il faut consulter son médecin traitant ou se diriger vers un centre hospitalier.

Pourquoi faut-il être vigilant ?

Aujourd’hui, le nombre de décès se porte à 35 en Europe, dont 34 en Allemagne. Mais les autorités allemandes insistent sur le fait que l’on ne peut exclure de nouveaux décès. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé recense 3 255 cas de malades confirmés ou suspectés dans seize pays. Rappelons que les conséquences rénales sont irréversibles.

Sources

  1. Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’ alimentation, de l’environnement et du travail www.anses.fr
  2. Institut de Veille Sanitaire www.invs.sante.fr
  3. European Food Safety Authority www.efsa.europa.eu/fr
  4. Organisation Mondiale de la Santé www.who.int/fr

Pour plus d’informations :« Cinq clefs pour des aliments plus sûrs » par l’Organisation Mondiale de la Santéhttp://www.who.int/publications/list/9241594632/fr/index.html