Allergie : Paré pour le choc !

Depuis quelques années, les allergies sont en plein essor en France. Une allergie est une réaction de l’organisme à un allergène (molécule étrangère = antigène). Il existe différents types d’allergies suivant leur localisation et leur mode de déclenchement.

Quels sont les allergènes mis en cause ?

Les allergènes, les plus souvent retrouvés lors de choc anaphylactique, sont :

  • Les aliments : ils sont fréquemment responsables de choc anaphylactique (60% des cas) . Ils sont également appelés trophallergènes (allergène contenu dans les aliments) et peuvent être : les œufs, le sésame, le lait de vache ou de chèvre, les crustacés, l’arachide, le kiwi…
  • Les venins d’hyménoptères (environ 16% des cas): En France, plusieurs personnes décèdent chaque année d’une piqûre d’abeilles, de guêpes ou de frelons (Hyménoptères). Il est important de reconnaître les premiers symptômes indiquant un choc anaphylactique afin d’avoir une prise en charge la plus précoce possible.
  • Les médicaments (environ 16% des cas) : ce sont généralement les anesthésiques (curares), les antibiotiques (beta-lactamines) ou les anti-inflammatoires
  • Le latex : (environ 4% des cas). L’allergie au latex est souvent retrouvée chez des personnes ayant un contact régulier avec le latex dans un contexte professionnel (coiffeur, médecin)

Le mécanisme de la réaction allergique :

C’est ce qu’on appelle une réaction d’hypersensibilité de type I. Elle nécessite le contact préalable avec l’allergène.Il y a :

  • une phase de sensibilisation, qui est le premier contact avec l’antigène.

Des anticorps (immunoglobulines), dirigés contre cet allergène, vont se former. Le patient ne présente aucun symptôme. La fabrication de ces anticorps permet d’agir immédiatement lors d’un second contact.

  • une phase de déclenchement, qui a lieu lors de la réintroduction de l’allergène.

Les anticorps vont aller l’attaquer et se fixer dessus, formant ainsi un complexe immun (anticorps lié à antigène). Ce complexe va aller se fixer sur des cellules responsables de manifestations allergiques immédiates : les mastocyte et les basophiles. Ces cellules, ainsi activées, vont libérer des médiateurs chimiques (des substances chimiques dont la principale est l’histamine), qui vont diffuser dans tout l’organisme, d’où une réaction généralisée. Ce sont ces médiateurs qui sont responsables des symptômes.

Quels sont les symptômes ?

Lors de la phase de déclenchement, les symptômes arrivent dans les minutes qui suivent le contact avec l’allergène.La réaction anaphylactique peut se traduire par :

  • un urticaire aiguë généralisé (éruption de plaques rouges),
  • un œdème du visage ou un œdème de Quincke (c’est la forme sévère qui se caractérise par un gonflement des muqueuses du visage, de la langue, des lèvres, des voies respiratoires supérieurs, pouvant entraîner un arrêt respiratoire),
  • des difficultés respiratoires, crises d’asthmes,
  • des signes digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, …)

Le choc anaphylactique est l’évolution ultime. En plus des symptômes précédents, il se caractérise par :

  • un malaise (fatigue intense, chute de tension artérielle, augmentation du rythme cardiaque)
  • une perte de connaissance pouvant aller jusqu’au coma.

URGENCE ABSOLUE

Si vous suspectez un choc anaphylactique, appelez immédiatement le numéro d’urgence du SAMU, le « 15 ».

Ces allergies graves peuvent se reproduire en cas de contact accidentel avec l’allergène. En attendant les secours, pensez alors à vérifier si le patient n’a pas sur lui, ou a proximité, un stylo auto-injecteur d’adrénaline, afin de prodiguer les premiers secours.

L’administration d’adrénaline est le traitement de choix pour traiter le choc. Dès l’apparition de signes sévères, l’adrénaline doit être administrée immédiatement !
Mieux vaut une injection d’adrénaline de trop que pas d’injection du tout !

Il faut rassurer le patient, le calmer, car le stress est un facteur aggravant.Dans un deuxième temps, le patient peut recevoir des antihistaminiques ou des corticoïdes.Même si l’état du patient s’améliore après l’injection, un suivi médical s’impose.

Constituez une trousse d’urgence !

Quand un enfant ou un adulte est sujet à des allergies, il est important de constituer une trousse d’urgence, à conserver sur soi ou à proximité.Cette trousse doit être contenir :

  • médicaments: antihistaminiques, corticostéroïdes, quand les premiers signes d’une allergie se déclenchent
  • aérosols : ils sont généralement prescrit pour les enfants asthmatiques
  • médicament à injecter: adrénaline sous forme de stylo auto-injectable à utiliser quand les symptômes sévères apparaissent

Prévention

Bien connaître ses allergies est déterminant pour une bonne prévention. Après un réaction allergique, il est nécessaire de prendre rendez-vous avec un allergologue, qui déterminera les aliments ou les médicaments à éviter grâce à une série de tests.
Si vous avez déjà fait un choc anaphylactique ou que vous faites de fortes réactions allergiques, il vous prescrira le nécessaire pour une trousse d’urgence adaptée. Suivant le type d’allergie, des séances de désensibilisation peuvent être envisagées.

L’entourage d’une personne à risque doit être formé à reconnaître les premiers symptômes sévères et doit être capable d’effectuer les premiers gestes d’urgence !

Sources :

  1. Inserm www.inserm.fr
  2. www.passeportsante.net
  3. Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail www.anses.fr
  4. Association Française pour la Prévention des Allergies (AFPRAL) www.allergies.afpral.fr